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L'inventeur de villes - feuilleton, 14/40, Paris
L'inventeur de villes, publié chez Gaussen en 2013, est toujours disponible chez les "bons libraires" et directement chez l'éditeur David Gaussen, auprès de qui on peut se le procurer, soit en passant dans sa boutique au 37, rue du Côteau, Marseille 7e, soit en l'appelant au 06 99 56 47 97, soit en lui adressant un mail à david.gaussen@gmail.com ou en allant sur le site des éditions Gaussen www.editionsgaussen.fr. 

Vous pouvez aussi bien sûr via le formulaire de contact de ce blog m'en commander un exemplaire. 

Aux dernières nouvelles, le bouquin coûtait toujours 12 euros et comptait 112 pages sur un très beau papier bouffant au format 140 x205 mm. A la jaquette très réussie, illustrée d'une oeuvre du peintre Yves Krief, je me suis permis d'adjoindre pour cette parution en feuilleton des jaquettes "personnalisées" qui changeront à chaque épisode.

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14 - PARIS

Allez, partons en balade dans la cité la plus visitée au monde, la reine des villes touristiques, la reine de la nuit, la capitale de la France, Paris. Un provincial comme je le suis, fut-il un urbain, un amoureux de la ville, est bien mal placé au fond pour parler de Paris. La relation avec cette princesse des cités hexagonales est fatalement houleuse, forcément délicate. Depuis qu’en 1947 Jean-François Gravier a publié « Paris et le désert français » il est devenu clair - pour les géographes à tout le moins, mais les provinciaux le savaient aussi depuis longtemps – qu’il y a en France deux poids et deux mesures en matière urbaine. Je ne parle pas de la réalité du poids de Paris dans le concert des villes de la planète. Son importance reste majeure, juste après New York, la reine incontestée, elle est à la lutte avec Londres, Tokyo, Shangaï, Pékin ou Hong-Kong pour le titre de 1ère dauphine de Miss Monde. En France, son rôle n’a pas d’égal, c’est une évidence. Alors, inutile de se battre contre elle dans le monde réel. Dans le monde du fantasme en revanche, Paris a de quoi faire grincer des dents à plus d’un provincial. C’est elle que l’on chante, que l’on loue, que l’on vante, au détriment bien souvent des beautés de province, qui mériteraient au moins que l’on parle d’elles de temps à autre. On ne comparera pas l’immensité des Champs-Elysées à l’étroitesse de la Canebière, on ne placera pas sur un pied d’égalité la place de la Concorde et la place Bellecour, on ne tentera pas de faire rivaliser le beffroi de Lille avec les tours de Notre-Dame. Pour autant, combien de promenades, de cafés, de parcs, d’églises ou d’avenues de nos provinces restent trop méconnus, cachés aux yeux de la gloire par l’éternel parisien… En vérité Paris serait totale et achevée, selon mon désir, si elle était en bord de mer. Car il lui manque pour être une ville de réelle liberté cette sensation de tout-est-possible qu’offrent les rivages maritimes, cette présence puissante de l’esprit que font naître les vents du large quand ils viennent balayer les cités de leur immanence et de leur absolu, cette fenêtre ouverte sur l’ailleurs. Oh, telle quelle, ne soyons pas bégueule, Paris est déjà une merveille, tous les guides touristiques vous le disent et l’expliquent à juste titre, tous les non-Parisiens en reviennent charmés et les Parisiens y vivent avec la conscience d’être dans un lieu qui compte et qui importe. Ils ont raison. Bien sûr. Pour moi, j’y garde de beaux souvenirs, des instants de plaisir et de belles rencontres. Un dimanche parmi la foule des touristes dans les rues encombrées des hauteurs de Montmartre. De nombreuses flâneries le long des quais de Seine, de bouquiniste en bouquiniste. Un soir au Champs-Elysées avant de m’envoler pour l’Afrique. Des films, des bouquins et des tables. Des amis. Des hôtels. Des zincs. Chaque Français a une part de sa vie à Paris, qu’il le veuille ou non, une part de sa vie faite souvent d’aéroports et de quais de gare, c’est la ville des au revoirs et des retrouvailles, des adieux et des départs, des hasards et des drames…

Je vous dis, il ne lui manque que la mer, un rivage, et New York aurait toujours pu courir, Paris serait restée la reine planétaire de toutes les cités.

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Prochaine étape : Olympia.
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