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L'inventeur de villes - feuilleton, 4/40, Genève
L'inventeur de villes, publié chez Gaussen en 2013, est toujours disponible chez les "bons libraires" et directement chez l'éditeur David Gaussen, auprès de qui on peut se le procurer, soit en passant dans sa boutique au 37, rue du Côteau, Marseille 7e, soit en l'appelant au 06 99 56 47 97, soit en lui adressant un mail à david.gaussen@gmail.com ou en allant sur le site des éditions Gaussen www.editionsgaussen.fr. Vous pouvez aussi bien sûr via le formulaire de contact de ce blog m'en commander un exemplaire.
Aux dernières nouvelles, le bouquin coûtait toujours 12 euros et comptait 112 pages sur un très beau papier bouffant au format 140 x205 mm. A la jaquette très réussie, illustrée d'une oeuvre du peintre Yves Krief, je me suis permis d'adjoindre pour cette parution en feuilleton des jaquettes de mon cru qui changeront à chaque "épisode".


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04 - GENEVE

« Juste un concert au bord de l'île Rousseau
Et le hasard de se voir à nouveau
Tu viens vers moi et tu me dis bonjour
Le temps sur Genève es
t bien lourd […] »
Genève la romantique. C’est ainsi que la chante William Sheller, artiste méconnu du panthéon des demi-dieux de la pop française. Dépeinte ailleurs comme une ville bourgeoise et hyper-riche, une ville mondialisée et internationale, banquière et hautaine, pour tout dire « suisse », Genève est aussi un centre scientifique parmi les plus importants qui soient, mais (surtout ?) cette cité alpine alanguie au bord du lac Léman, observant avec une certaine distance les premiers émois d’un Rhône encore enfant (celui qui borde l’île Rousseau de la chanson). Il faut se promener dans les sous-bois paisibles du Jardin anglais, y nourrir les écureuils et y écouter de loin l’écho feutré de la riche cité. Il faut grimper vers la vieille ville, s’y recueillir dans la cathédrale. Il faut battre des mains en admirant la puissance du jet d’eau le plus haut du monde qui semble vouloir arroser toute la ville. Il faut passer une soirée à Plainpalais, applaudir les otaries du cirque Knie et déguster des perches du lac. Il faut flâner dans Carouge, l’anti-Genève au cœur de Genève. De ces villes des Alpes aux riches destinées (Lyon, Milan, Grenoble, Innsbrück, Turin…) Genève est la plus fantasmagorique, ni belle ni laide, ni écrasante ni anodine, délicatement dessinée sur l’arc du Léman, protégée par la richesse financière autant que culturelle que lui octroie son statut de ville internationale, Genève est par essence même une des patries du romantisme. Y marcher, simplement y marcher, relève de l’expérience cathartique, Genève vous porte avec douceur et vous laisse dérouler le fil de vos humeurs. C’est une ville pour amoureux, une ville pour écrivains, une ville pour philosophes. A l’opposé de tout excès, elle vous fera pourtant descendre au plus profond de vous-même, car cette douceur est troublée par l’empreinte du bruissement du monde, qui vous dit : attention, petit, tout a l’air calme ici, pourtant c’est bien là, derrière les épaisseurs des murs des banques, derrière les façades apaisées des institutions internationales, que se joue une partie à l’échelle mondiale, dans laquelle des empires financiers se font ou se défont, dans laquelle des milliers d’hommes et de femmes à des milliers de kilomètres gagneront ou perdront jusqu’à leur vie pour une décision prise entre deux cigares.

Alors méfiez-vous des sous-bois nettoyés et de leurs écureuils si candides, du frissonnement hypnotique du lac, de la beauté des cygnes qui paressent dans le soleil rasant, de la majesté des cimes qui soulignent l’horizon, ne vous laissez pas hypnotiser par cette torpeur genevoise, Genève, si sobre et si douce, est un théâtre d’ombres, l’avant-poste de New York, une des maîtresses du monde.

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Prochaine étape : Chichen-Itza.
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