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L'inventeur de villes - feuilleton, 10/40, Flagstaff, Arizona
L'inventeur de villes, publié chez Gaussen en 2013, est toujours disponible chez les "bons libraires" et directement chez l'éditeur David Gaussen, auprès de qui on peut se le procurer, soit en passant dans sa boutique au 37, rue du Côteau, Marseille 7e, soit en l'appelant au 06 99 56 47 97, soit en lui adressant un mail à david.gaussen@gmail.com ou en allant sur le site des éditions Gaussen www.editionsgaussen.fr.
Vous pouvez aussi bien sûr via le formulaire de contact de ce blog m'en commander un exemplaire.
Aux dernières nouvelles, le bouquin coûtait toujours 12 euros et comptait 112 pages sur un très beau papier bouffant au format 140 x 205 mm. A la jaquette très réussie, illustrée d'une oeuvre du peintre Yves Krief, je me suis permis d'adjoindre pour cette parution en feuilleton des jaquettes "personnalisées" qui changeront à chaque épisode.

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10 - FLAGSTAFF, ARIZONA

Abilene, Texas. Durango, Colorado. Tucson, Arizona. Albuquerque, Nouveau-Mexique. Santa Fe, Nouveau-Mexique. Flagstaff, Arizona... Certains patelins américains sont restés dans notre mémoire collective comme les traces géographiques de la Conquête de l’Ouest, avec tout l’attirail folklorico-hollywoodien qui nous donne des frissons de plaisir nostalgique. Pourtant cette histoire-là, celle de ce far west de légende, n’est pas une belle histoire en vérité, si l’on songe qu’il s’agit avant tout d’une guerre de conquête et d’extermination contre un peuple natif amérindien qui n’avait rien demandé et qui a été traité pire que des esclaves. Pire que des esclaves.
Les Etats-Unis d’Amérique se sont bel et bien construits sur un génocide.
Pourtant, il n’en demeure pas moins que quelques grands moments de la culture occidentale sont nés de cette horreur historique et surtout qu’une civilisation a ainsi atteint son apogée les pieds baignant dans le sang. Chaque continent a vécu son contingent de drames et d’abominations, d’Attila à Hitler en passant par la Rome des Césars ou la construction de la Chine, le génocide rwandais, le génocide arménien ou la nouvelle guerre mondialisée que tente de nous imposer Daech.
La construction des USA, du Canada, du Mexique et même de l’ensemble de l’Amérique latine, n’a rien à jalouser à aucune de ces guerres meurtrières, à aucune de ces doctrines totalitaires et barbares, à aucune de ces « solutions finales ». Le paradoxe fait trembler. Du sang des uns naît la jouissance des autres. A Flagstaff, Arizona, étape de la fameuse Route 66 chère aux rockers, en buvant une mauvaise Bud dans un pub qui avait conservé un vague aspect « far west », je ne pensais pas à tout cela. J’étais bien plutôt envahi par une nostalgie cinématographique et rock’n’rollienne, appréciant l’instant à l’aune de sa rareté. Etre ailleurs est toujours une petite merveille, surtout quand cet ailleurs, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, a bercé un certain nombre de rêveries. La réalité en est alors transposée, et ce n’est plus à Flagstaff, Arizona, que vous buvez votre bière, mais dans le cocon de vos lointaines flâneries mentales. Buvons donc la coupe jusqu’à la lie. A la vôtre !

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Prochaine étape : Valparaiso.
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